Résidences de recherche et création

Le dispositif

Albane Imbs

Bertille Arrué

Yan Ma

Adrien Alix

Candidature 2018

 

La villanelle chez Kapsberger et dans la musique traditionnelle Napolitaine

Albane Imbs


Albane Imbs commence le luth Renaissance à l'âge de 6 ans après une année de piano. Elle étudiera cet instrument de nombreuses années avec Pascale Boquet (Conservatoire à rayonnement régional de Tours), puis, en 2013, intègre le Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon dans la classe de Rolf Lislevand auprès de qui elle élargit sa palette de cordes pincées (archiluth, guitare baroque, théorbes, luth médiéval).

Elle est amenée à se produire régulièrement sur scène dans diverses formations, en tant que soliste ou continuiste notamment sous la direction de Rolf Lislevand et Raphaël Pichon en France et à l’étranger, auprès d'artistes extra-européens (Amrat Hussain), aux côtés de comédiens et artistes plastiques. Elle a la chance de pouvoir développer ses compétences musicales et artistiques grâce à des chefs reconnus tels René Jacobs, Hervé Niquet, Dominique Visse ou Vincent Dumestre lors de projets ou de master-class.

En Juin 2015, Albane Imbs créée son propre ensemble, Les Kapsber’girls, avec la volonté de redécouvrir hors des sentiers habituels, les œuvres baroques du bassin méditerranéen. Elle aime à faire vivre sa musique sous les formes les plus variées : bals renaissance, animations historiques, théâtres et spectacles en tout genre, projets pluri-artistiques, ....

En outre, pédagogie et enseignement de la musique sont au cœur de ses préoccupations. Ainsi, Albane est titulaire d’un DUMI (Diplôme Universitaire de Musicien Intervenant en milieu scolaire) depuis Mai 2012 et intervient régulièrement dans les milieux de l'enfance (créations de spectacles, éveil, interventions scolaires, enseignement).

Albane Imbs est également flûtiste à bec (formation auprès de Denis Raisin Dadre) et choriste (Ensemble Vocal CNSMD Lyon).

 

C’est avec la volonté de se libérer des prises de positions actuelles dans l’interprétation et la compréhension des musiques dites Anciennes qu’Albane Imbs et ses camarades du Conservatoire National Supérieur de Musique et Danse de Lyon explorent, grâce à deux périodes de résidence à l’Académie Bach, les liens ténus qui existaient entre les musiques circulant dans les couloirs « populaires », notamment napolitains, et les œuvres des compositeurs italiens du début du XVIIe siècle.

L’œuvre fascinante de P. A. Giramo : La Pazzia Venuta da Napoli, composée aux alentours de 1630 à Naples, évoque la forme d’une cantate profane, une alternance savamment dosée entre airs et récits pour une voix de femme et continuo. Mais l’intrigue et les procédés de composition, en regard avec le titre – « pazzia » signifiant « folie » -, nous entraine au cœur d’un insolite et exaltant mélange des genres. Entre sérieux et humour, rythmes et harmonies jouant avec l’efficacité des mélodies orales populaires et complexité du langage musical des cours italiennes, thèmes délibérément empruntés aux compositeurs en vogue et inventivité de l’auteur, les mondes se croisent dans cette Pazzia.

La folie amoureuse, thème cher aux Humanistes à peine un siècle plus tôt, n’a pas encore fini de faire parler d’elle en ce début de XVIIe siècle. Dans la Pazza Venuta da Napoli, elle s’empare de l’esprit de la dame durement éconduite par l’élue de son cœur. Elle nait de cet amour impossible largement représenté par les compositeurs de l’époque. La folie amoureuse touche l’Homme, qu’il soit pauvre ou riche, cultivé ou illettré, jeune ou vieux. Barbara Strozzi (1619-1677) avec toute la finesse de ses lignes mélodiques et de ses textes délicats ébauche cette folie sans la faire éclater, elle la suggère, la laisse entrevoir mais refuse de la révéler ostensiblement. Elle est pourtant bien là.

Tout comme elle est présente dans les Villanelles de Kapsberger (1580-1651). Non pas à la manière de Giramo qui n’hésite pas à lui donner un nom et lui conférer même une existence propre, mais imperceptiblement et avec légèreté, dans chaque chanson où elle se nomme amour perdu, malheureux, impossible.

Entre mise en scène, improvisation, création mais surtout respect des œuvres, Albane Imbs et ses camarades proposent d’évoquer cette folie amoureuse qui fut mille fois chantée au Sud comme au Nord de l’Italie, à la ville comme à la cour, dans les rues de Naples comme dans les salles du palais des Barberini.

 

Pour mener à bien ce travail Albane Imbs est accompagnée de Alice Duport-Percier, soprano, Axelle Verner, mezzo et de Barbara Hünninger à la viole de gambe.

Périodes de résidence à l’Académie Bach :
- Du 19 au 23 septembre 2016
- Du 21 au 25 novembre 2016

Périodes de diffusion :
- Lundi 4 et mardi 5 décembre à Arques-la-Bataille – stage « Travailler avec l’Académie Bach »
- Mercredi 6 décembre à Rouen - Rencontre avec des élèves de 1ère du lycée Jeanne d’Arc