CHRONIQUES BAROQUES
Jean-Paul Combet
Le 16 janvier 2012, Gustav Leonhardt nous quittait. Proche de l’Académie Bach depuis la création de celle-ci, il avait accepté la proposition de présider notre comité d’honneur, constitué d’artistes et personnalités du monde de la culture.
La disparition de celui qui fut l’un des initiateurs et des principaux artisans de la redécouverte de la musique ancienne depuis les années 1950 est en soi un choc émotionnel ; mais elle nous invite à essayer de comprendre ce que fut la pensée esthétique de cet homme hors du commun et de nous demander où en est aujourd’hui le mouvement qu’il a accompagné durant plus de soixante ans de vie artistique ininterrompue.
On parle souvent de Leonhardt comme d’un pionnier. Ce n’est pas complètement exact, dans le sens où d’autres avant lui, comme Arnold Dolmetsch ou Henri Casadesus, au début du vingtième siècle, avaient commencé à réfléchir à la question des musiques oubliées au fil de l’histoire et des instruments pour lesquels elles avaient été conçues. Leonhardt s’est inscrit dans cette dynamique ; incontestablement, il en a accéléré le développement, tenant une place essentielle dans l’élaboration d’une approche stylistique qui n’a cessé depuis de s’affirmer.
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