CHRONIQUES BAROQUES
Jean-Paul Combet
Si la page de titre est riche d’informations, il n’est toutefois jamais fait allusion à Goldberg, dont le nom est pourtant désormais accolé aux variations. Ce n’est en fait qu’au cours du XIXe siècle, friand de ce type de personnalisation, que ce faux titre s’est peu à peu imposé.
Johann Gottfried Goldberg a pourtant bien existé. On sait de lui qu’il était claveciniste, virtuose, au service du Comte Hermann Carl von Keyserling, diplomate et amateur de musique. Celui-ci, admirateur de Bach, lui aurait commandé une série de variations destinées à être exécutées par Goldberg lors de ses insomnies. C’est du moins ce que rapporte Forkel dans sa biographie de Bach (1802), qui ajoute que le Comte les appelait « ses » variations et qu’il demandait à les écouter très souvent…
A vrai dire, peu importe. Ce qui est certain, c’est que les Variations furent très vite considérées comme un ensemble hors du commun, exceptionnel, et qu’elles servirent de modèle et de point de référence depuis le début du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui.
Ceci tient à la fois à la construction de l’œuvre et à son arrière-plan spirituel, voire métaphysique.
Le niveau de sophistication des Variations a immédiatement attiré l’attention des connaisseurs, ceux-là mêmes à qui Bach destinait sa musique dans sa dédicace de titre.
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