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Les instruments

Piano Pleyel n°8888

Passionnée par la question du piano historique, l’Académie Bach a fait l’acquisition en 2015 d’un « grand queue de concert » fabriqué par la Maison Pleyel en 1841 sous le numéro de série 8888. Cet instrument a longtemps été conservé au château de Laleuf, dans le Berry, non loin de Nohant.

Confié à l’Atelier Ad Libitum, le piano a été l’objet d’une restauration très attentive, financée par la Fondation du Patrimoine et des mécènes privés. Il avait été l’objet, sans doute vers 1860, d’une modification courante autrefois sur les clavecins, mais rares sur les pianos, un « ravalement » lui ajoutant deux notes supplémentaires dans l’aigu. La structure générale n’en avait pas été affectée, malgré une hausse du diapason, ce qui rendait le projet de restauration réalisable. Les registres de l’atelier Pleyel ont permis de trouver d’autres informations intéressantes sur cet instrument. Nous connaissons ainsi le prix de vente (2500 francs) et l’identité du premier acheteur, le comte Pillet-Will (1805-1871), banquier et fils du fondateur de la Caisse d’Epargne de Paris. Propriétaires d’un hôtel particulier parisien, Alexis Pillet-Will et son épouse étaient aussi de grands amateurs de musique, proches notamment de Rossini, qui leur dédia sa Petite Messe Solennelle. L’histoire ne dit pas si le Pleyel 8888 fut utilisé lors de sa création, en mars 1864…

Lorsque le tout jeune Frédéric Chopin arriva à Paris pour y faire carrière, son entente idéale avec le facteur de pianos Camille Pleyel fut immédiate. Issu de la tradition viennoise par son père Ignaz Pleyel, fondateur de la maison, le piano Pleyel a tenu, durant tout le XIXe siècle, une place exceptionnelle, essentiellement due à sa remarquable musicalité. Chopin entretiendra de véritables liens d’amitié avec Camille Pleyel à qui il dédiera ses 24 Préludes op.28. Dans sa conception, le piano n° 8888 est contemporain des grandes oeuvres de Chopin, mort en 1849, et il est incontestable qu’il sert admirablement l’écriture du compositeur, sans qu’il soit nécessaire de réduire cette proximité à une forme de fétichisme.

Madame, Monsieur, Chers Amis,

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